La cheyletiellose est une maladie de peau due à un petit acarien, Cheyletiella, qui vit à la surface de la peau du chien, du chat et du lapin. Elle touche surtout les jeunes animaux et ceux qui vivent en groupe, et passe facilement aux autres animaux de la maison comme aux personnes [1;4].

Cheyletiellose : quand faut-il consulter ? Deux situations doivent y faire penser. La première : des pellicules abondantes sur le dos d’un jeune chien, chat ou lapin, avec ou sans démangeaisons. La seconde : des boutons qui grattent chez une personne du foyer, même si l’animal semble en bonne santé, car les lésions humaines peuvent apparaître avant celles de l’animal [1]. Dans les deux cas, prenez rendez-vous chez votre vétérinaire pour une recherche du parasite au microscope.

Cet article présente les signes à surveiller, la conduite à tenir, le traitement, les gestes à la maison et le cas du lapin.

Pellicules abondantes sur le dos d'un chiot atteint de cheyletiellose, pelage écarté
des pellicules abondantes sur le dos d’un jeune animal doivent faire penser à la cheyletiellose.

Signes à surveiller

Consultez sans attendre si votre animal :

  • se gratte au point de se faire des plaies, des rougeurs ou des croûtes : la peau abîmée peut s’infecter [1].

Prenez rendez-vous dans les jours qui viennent si votre animal :

  • a des pellicules nombreuses, surtout sur le dos, avec ou sans démangeaisons [2;3] ;
  • chiot ou chaton, a des pellicules sur la tête, le dos et les reins et se gratte beaucoup [4] ;
  • chat, porte de petites croûtes sur le dos, ou s’arrache les poils à force de se lécher [3;8] ;
  • vit avec une personne qui a des boutons qui grattent, même s’il n’a lui-même aucun signe [1].

Chez les personnes de la maison

Les boutons sont petits, groupés et démangent fort. Ils siègent là où l’animal est en contact : avant-bras, cou, poitrine, ventre ; ils peuvent aussi être plus étendus, et prennent parfois la forme de bulles [4;6;7]. Parlez-en à votre médecin : c’est lui qui soigne les lésions humaines.

Petits boutons groupés sur l'avant-bras, lésions de cheyletiellose humaine transmise par un animal
chez l’humain, les boutons siègent là où l’animal a été en contact.

Que faire si vous suspectez une cheyletiellose

  • Photographiez les pellicules, les croûtes et les boutons des personnes.
  • Ne baignez pas votre animal juste avant la consultation : les parasites sont plus difficiles à trouver chez un animal souvent lavé [3].
  • N’appliquez pas un antiparasitaire au hasard : jamais un produit pour chien sur un chat sans avis vétérinaire, certains lui sont contre-indiqués [3] ; jamais non plus un produit pour chien ou chat sur un lapin, certains lui sont très toxiques [1].
  • Signalez au vétérinaire tous les animaux de la maison et les boutons des personnes : c’est une piste importante pour le diagnostic [7].

Plaies de grattage : consultez sans attendre (voir les signes à surveiller).

Causes possibles : d’où vient le parasite

Cheyletiella est un acarien d’environ 0,5 mm, parfois visible à l’œil nu, comme un point blanc qui bouge parmi les pellicules [1;2]. Chaque espèce animale a son propre acarien, qui peut passer à une autre espèce [3]. Le cycle complet, de l’œuf à l’adulte, se fait sur l’animal en trois à cinq semaines [2;7].

Acarien Cheyletiella vu au microscope, responsable de la cheyletiellose du chien, du chat et du lapin
l’acarien mesure environ un demi-millimètre ; ses œufs restent accrochés aux poils.

L’animal s’infeste au contact d’un congénère porteur, ou par une brosse ou un couchage contaminés : les femelles survivent jusqu’à une dizaine de jours hors de l’animal [1;8]. Sont plus exposés :

  • les chiots et les chatons, souvent issus d’un élevage ou d’une animalerie [1;4] ;
  • peut-être certaines races, comme les petits chiens de type Yorkshire ou Caniche, et le chat Persan [4].

Un animal peut porter le parasite sans aucun signe, en particulier le chien adulte et le chat, qui en élimine une partie par sa toilette [3;4].

Diagnostic et traitements mis en œuvre par le vétérinaire

Le diagnostic

Votre vétérinaire recueille des pellicules et des poils, au peigne fin, avec un ruban adhésif ou par un raclage superficiel de la peau, puis les examine au microscope à la recherche du parasite ou de ses œufs [2;4]. Un examen négatif n’écarte pas toujours la maladie : dans un foyer de quinze chats atteints, le parasite n’a été trouvé que chez huit [6].

Acarien Cheyletiella et son œuf fixé à un poil, vus au microscope
l’acarien et ses œufs, accrochés aux poils, sont recherchés au microscope.

Les pellicules du chiot, souvent appelées à tort « croûtes de lait », ne viennent pas du lait : elles traduisent une maladie de peau, parfois une infection bactérienne bénigne, parfois une cheyletiellose [1]. Autres causes de pellicules : d’autres parasites de la peau comme la gale, ou une séborrhée primaire (production excessive de pellicules propre à la peau de l’animal). Avant de conclure à une allergie, le parasite doit être recherché [8].

À lire aussi : la teigne du chat et la pyodermite du chien.

Le traitement

Il n’existe pas de médicament propre à la cheyletiellose. Le vétérinaire choisit un antiparasitaire selon l’espèce : chez le chien et le chat, la sélamectine, la moxidectine ou le fipronil en pipette, ou la milbémycine oxime par la bouche [2]. La perméthrine et l’amitraz sont contre-indiqués chez le chat [3].

Attention : la perméthrine, présente dans certains antiparasitaires pour chien, est contre-indiquée chez le chat. Jamais un produit pour chien sur un chat sans avis vétérinaire.

Ces médicaments n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) vétérinaire spécifique pour la cheyletiellose. Leur usage dans cette indication est encadré par votre vétérinaire, qui en assume la responsabilité clinique, et correspond à la pratique décrite par les recommandations internationales [2;3].

Le traitement dure plusieurs semaines, souvent six à huit, et se poursuit au-delà de la disparition des signes, selon la prescription [3;8]. Il concerne tous les animaux de la maison, même sans signe, chacun avec le traitement que le vétérinaire choisit pour son espèce [1;2;5].

Que pouvez-vous faire à la maison ?

  • Traitez tous les animaux en même temps, avec le produit prescrit pour chacun, jamais celui d’une autre espèce, même ceux qui ne se grattent pas [2].
  • Lavez les couchages, coussins et plaids où dort l’animal, ainsi que ses brosses et peignes, et passez soigneusement l’aspirateur [1;2].
  • N’utilisez un produit pour l’environnement que sur conseil de votre vétérinaire, en cas d’infestation importante [1].
  • Allez au bout du traitement, même si les pellicules ont disparu : il se poursuit au-delà de la guérison apparente pour éliminer tous les parasites [3].

Le cas du lapin

Chez le lapin, la cheyletiellose donne des démangeaisons, des pellicules, des croûtes et une perte de poils, surtout au garrot (entre les épaules), parfois sur le dos, le ventre ou la face. La maladie est fréquente chez le lapin, et certains ne montrent aucun signe [5].

Pellicules et perte de poils au garrot d'un lapin atteint de cheyletiellose
chez le lapin, les lésions siègent surtout au garrot.

Attention : certains antiparasitaires pour chien et chat sont très toxiques pour le lapin. N’en appliquez jamais sans avis vétérinaire [1].

Les traitements décrits chez le lapin sont la sélamectine ou l’ivermectine, en plusieurs administrations espacées, prescrites par le vétérinaire [5]. Cet usage est hors AMM, sous la responsabilité de votre vétérinaire. Tous les lapins en contact sont traités et la cage nettoyée ; une rechute reste possible. Un chien ou un chat de la maison non traité peut réinfester le lapin [5].

Les autres maladies de peau du lapin sont présentées dans les troubles cutanés du furet, du lapin et des rongeurs.

Questions fréquentes

Comment soigner la cheyletiellose ?

Par un antiparasitaire prescrit à tous les animaux de la maison pendant plusieurs semaines, et par le lavage des couchages [1;3].

Quels sont les symptômes de la cheylétiellose chez l’humain ?

Des petits boutons groupés qui démangent, sur les avant-bras, le cou, la poitrine ou le ventre, parfois plus étendus [4;7]. Le parasite ne survit pas sur l’humain : ils cèdent en quelques semaines une fois l’animal et la maison traités [1;7]. Votre médecin peut soulager les démangeaisons en attendant.

Quel est le traitement efficace contre la cheyletiellose chez le chat ?

Plusieurs antiparasitaires en pipette sont efficaces [2]. Dans un foyer de quinze chats, trois applications de sélamectine à un mois d’intervalle ont guéri tous les chats, sans rechute à un an [6]. La perméthrine, présente dans certains antiparasitaires pour chien, est contre-indiquée chez le chat [3].

Comment traiter la cheyletiellose chez le lapin ?

Uniquement avec un traitement prescrit par le vétérinaire, par exemple de la sélamectine ou de l’ivermectine, pour tous les lapins de la maison, avec un nettoyage de la cage [1;5].

Consulter un vétérinaire

La cheyletiellose se confirme quand le vétérinaire trouve le parasite ou ses œufs, à la loupe ou au microscope ; un examen négatif ne l’écarte pas toujours. Si votre animal a des pellicules inhabituelles, ou si quelqu’un de la maison a des boutons qui grattent, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire ; l’Ordre national des vétérinaires tient un annuaire en ligne.

Références complètes

  1. Cheylétiellose du chien, du chat et du lapin – Cheyletiella, ESCCAP France. https://www.esccap.fr/arthropodes/cheyletielles-cheyletiellose.html
  2. ESCCAP Guideline 03: Control of Ectoparasites in Dogs and Cats, septième édition (2022-01), ESCCAP. https://www.esccap.org/uploads/docs/cgqtqpf1_0720_ESCCAP_GL3__English_v19_1p.pdf
  3. Mange in Dogs and Cats, Dryden MW (2023-03, revue complète ; mise à jour 2025-05), MSD Veterinary Manual. https://www.msdvetmanual.com/integumentary-system/mange/mange-in-dogs-and-cats
  4. Cheyletiellose chez le chien et le chat (2025-05), CHV Frégis. https://www.fregis.com/infos-sante/cheyletiellose-chez-chien-chat/
  5. Treatment of rabbit cheyletiellosis with selamectin or ivermectin: a retrospective case study, Mellgren M, Bergvall K (2008), Acta Veterinaria Scandinavica. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2235873
  6. Efficacy of selamectin in the treatment of naturally acquired cheyletiellosis in cats, Chailleux N, Paradis M (2002), Canadian Veterinary Journal. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC339606
  7. What’s Eating You? Cheyletiella Mites, Reynolds HH, Elston DM (2017-05), Cutis (MDedge). https://mdedge.com/content/whats-eating-you-cheyletiella-mites-0
  8. Guide to Cheyletiellosis in Dogs & Cats: Diagnosis, Treatment, Berger D (2018-08, mise à jour), Clinician’s Brief. https://www.cliniciansbrief.com/article/cheyletiellosis-clinical-signs-diagnosis-treatment