Les animaux ont-ils des TOC? Les développent-ils souvent? Pour quelles raisons ce type de pathologies se développe-t-il ? Que faire pour améliorer la santé mentale de mon animal ?

Aujourd’hui, nous tentons de répondre à ces interrogations.

Quelques données statistiques pour commencer : on estime qu’il y aurait 10 000 animaux vivant dans des zoos qui présenteraient des stéréotypies, (Mason et al. 2006) . Pour les animaux d’élevage, le chiffre est encore plus impressionnant. On parle de dizaines de millions d’animaux qui présentent des stéréotypies.

La stéréotypie est définie comme un comportement répétitif anormal qui n’a pas de but. Elle est induite par la frustration, par une tentative d’adaptation à une situation de stress ou par un dysfonctionnement cérébral.
Il s’agit généralement d’un signe de mal-être de l’animal.

Avant d’arriver à diagnostiquer une stéréotypie, notamment chez les animaux de compagnie, il faut avoir exclu certaines conditions médicales. En effet, un chat qui se lave excessivement et qui s’arrache les poils à répétition doit d’abord être traité contre une potentielle dermatose. De même, une apparente potomanie – où l’animal boira 5 à 10 fois sa ration d’eau journalière !- éveillera en premier lieu la suspicion d’une maladie métabolique, tel qu’un diabète sucré par exemple. Enfin, de nombreuses affections neurologiques provoquent des changements de comportement chez l’animal atteint et certains tocs sont alors considérés comme des symptômes de la maladie, c’est le cas du tournis chez les bulls terriers, un signe souvent synonyme d’épilepsie canine, assez fréquente chez cette race.

Les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans le développement des troubles obsessionnels compulsifs mais des facteurs génétiques pourraient également être impliqués. En 2000, des chercheurs (Schoeneker et Heller) ont mené une étude sur les campagnols roussâtres (Myodes glareolus) montrant que les stéréotypies étaient six fois plus présentes chez les individus descendants de parents qui présentaient des stéréotypies.

Cependant, il ne faut pas ignorer les facteurs de confusion : la mère qui stéréotype prend moins soin de ses petits, ce qui les met dans une situation de stress et peut les amener à stéréotyper à leur tour; et les petits sont exposés à la stéréotypie de leur mère, qui leur sert d’exemple, dont ils pourront reproduire le comportement.

Les stéréotypies se traitent médicalement avec des agents dopaminergiques tandis que les tocs vont plutôt disparaître suite à l’administration d’agent sérotoninergiques, le circuit sérotoninergique ayant une influence sur le circuit dopaminergique, dont les altérations causées par le stress engendrent les stéréotypies. À titre d’exemple, on peut citer l’halopéridol, un neuroleptique utilisé dans le traitement des stéréotypies.

D’autres moyens non médicaux sont également efficaces pour traiter les stéréotypies, comme l’enrichissement du milieu des animaux sauvage élevés en captivité ou l’amélioration des conditions de vie des animaux de ferme.

Sources

  1. ‘Les stéréotypies des animaux élevés en captivité : étude bibliographique’, Wenisch E.
  2. ‘Stereotypic behaviour in captive animals : fundamentals and implications for welfare and beyond.’ In Stereotypic Animal Behaviour : Fundamentals and Applications to Welfare. 2nd edition. Mason GJ.
  3. ‘Indication of a genetic basis of stereotypies in laboratory-bred bank voles (Clethrionomys glareolus)’. Applied Animal Behaviour Science, Schoeneker B, Heller KE.

Auteur

M. Hugo Haab
Étudiant vétérinaire

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